D'abord, ne rien casser
L'amiante devient dangereux quand ses fibres s'échappent : une plaque brisée, sciée, percée ou frottée en relâche, et ce sont elles que l'on respire. En attendant l'évacuation :
- éloignez enfants et animaux du tas ;
- humidifiez les plaques avant de les bouger, en combinaison jetable, gants et masque FFP3 ;
- ne les cassez pas pour gagner de la place et ne les lavez pas au jet ;
- pour le trajet, enveloppez-les dans un film ou un sac étanche portant la mention « amiante », puis bâchez le chargement.
Ces plaques n'ont plus d'usage possible. Elles ne se mélangent ni aux gravats, ni aux encombrants, ni aux végétaux.
Trois organisations selon les territoires
Les intercommunalités du Nord et du Pas-de-Calais n'ont pas toutes la même règle. Les documents que nous avons lus décrivent trois façons de faire :
- le dépôt en déchèterie, avec un emballage fourni ou sur rendez-vous : la Métropole européenne de Lille remet par exemple un film de protection à l'accueil de ses déchèteries, et le SMAV reçoit l'amiante des habitants de l'Arrageois à Saint-Laurent-Blangy ;
- la collecte à domicile : le SIAVED, qui couvre sept intercommunalités autour de Valenciennes et de Maubeuge, et l'Agglomération de Béthune-Bruay viennent chercher l'amiante chez l'habitant après une visite ;
- le dépôt sur un site désigné : la Communauté urbaine de Dunkerque fait apporter les sacs à l'éco-site de Petite-Synthe.
D'autres collectivités refusent l'amiante par écrit : le Cœur de l'Avesnois, les 7 Vallées, les 2 Baies en Montreuillois et le syndicat des déchèteries du Pays de Saint-Omer et du Pays de Lumbres. Volume plafonné, rendez-vous, liste d'attente, justificatif de domicile, sacs gratuits ou payants : chaque solution a ses conditions, détaillées avec leur source sur la page des lieux de dépôt. Appelez avant de charger.
Les faire enlever
Pour un gros volume ou des plaques abîmées, l'enlèvement par une entreprise reste la solution la plus sûre. Elle emballe, transporte et remet les déchets à une installation autorisée, puis établit le bordereau de suivi (BSDA) dans Trackdéchets. Des plaques brisées ne sont plus intègres : elles suivent la filière des déchets dangereux.
Et après ?
L'amiante-ciment resté entier est stocké dans le casier réservé d'une installation de stockage de déchets non dangereux, ou dans une installation de déchets dangereux. Débris, combinaisons et films souillés partent en déchets dangereux ou en vitrification. Le plan régional des déchets précise que les Hauts-de-France n'ont pas d'installation de stockage de déchets dangereux : l'amiante non lié quitte donc la région.
Les textes cités sur cette page
- Guide de l'État pour les particuliers : que faire de ses plaques d'amiante-ciment
- ADEME : la fiche « fibro-ciment » de Que faire de mes déchets
- INRS : que deviennent les déchets amiantés du bâtiment
- Arrêté du 15 février 2016 sur les installations de stockage de déchets non dangereux
- Arrêté du 21 décembre 2021 sur la traçabilité des déchets d'amiante
- Trackdéchets, foire aux questions : le BSDA
- Annexe 5 - Plan régional de prévention et de gestion des déchets (PDF modifié le 21/01/2026), publié sur la page « Le Conseil régional vote la seconde modification du SRADDET et ses 63 projets d'envergure régionale »